Aller au contenu principal

Crise du lait: c'est les agriculteurs qui ont eu le dernier mot

Crise du lait: c'est les agriculteurs qui ont eu le dernier mot

La crise que connait la filière laitière en Tunisie depuis des semaines est montée d’un cran ces derniers jours… Les différents acteurs de la filière appellent à une réforme stratégique du secteur. Cette dernière doit impérativement commencer, selon eux, par la révision urgente et indispensable des prix du lait à tous les niveaux.  Cette démarche vise à trouver un compromis adéquat pour toutes les parties de la chaine allant de l’élevage, la collecte, l’industrialisation et la vente. 

M. Mnaouer Sghaier, directeur de l’unité de production animale au sein de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a indiqué, dans une déclaration exclusive à Flehetna, que les producteurs, collecteurs et industriels du secteur laitier, qui connaissent une vraie crise depuis des mois, ont décidé l’arrêt de production de lait pendant 3 jours et ce à partir du 16 juillet 2018. Cette décision a été prise, selon ses dires, en signe de protestation contre l’indifférence du gouvernement qui a ignoré leurs réclamations et refusé d’appliquer la hausse du prix du lait décidée les 17 avril et 21 juin derniers.

M. Sghaier a également souligné que « cette crise aura des répercussions très négatives sur l’ensemble de la filière qui est sur le point de l’effondrement ». Dans ce même contexte, le responsable a précisé que « plusieurs autres problématiques devraient être mises sur la table des négociations avec le gouvernement, comme l’augmentation de l’évasion des troupeaux de vaches laitières vers des pays voisins, l’augmentation excessive des coûts et charges qui alourdissent l’agriculteur aujourd’hui, l’augmentation des prix de l’alimentation du bétail et des soins vétérinaires, etc. ».

Interrogé sur cette crise, M. Karim Daoud, président du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI) a indiqué à Flehetna que la filière laitière en Tunisie se trouve aujourd’hui face à plusieurs défis en raison de la complexité de la situation. 
« Le SYNAGRI est préoccupé par les issues de cette crise subie par toutes les composantes de la filière laitière. Cependant, le contexte exige aujourd’hui des négociations fermes qui doivent aboutir à des réformes réelles… Le secteur agricole n’est pas un secteur social, il est économique et il doit garantir une rentabilité économique à tous les intervenants, notamment à l’agriculteur qui ne peut plus travailler dans des conditions précaires ni assumer les charges excessives et les crédits bancaires.», a-t-il expliqué.

M. Daoud a ajouté : « Aujourd’hui, l’éleveur vend le litre de lait à 766 millimes au collecteur qui le revend à 820 millimes à l’industriel, qui le commercialise à 1,120 dinar. Nous exigeons au minimum une hausse qui varie entre 185 et 200 millimes ». 
Face à toutes ces voix qui s’élèvent appelant à une révision des prix du lait, le ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a tranché : Il n’y aura pas d’augmentation du prix du lait au détail, lequel sera maintenu à 1.120 millimes le litre ! 
C’est ce qui a été décidé vendredi, lors d’un conseil ministériel restreint (CMR), tenu sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed. Selon un communiqué publié, le gouvernement a décidé d’augmenter le prix minimum garanti (à la production), à la réception du lait frais par les centres de collecte et les unités de transformation, à partir de samedi 7 juillet 2018, à 890 millimes.

Ajouter un commentaire

Texte brut

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.